Comme nous vous en parlions dans l’article “RECORD DE VITESSE A LA VOILE : LA DECISION ANTI KITE DE LA WSSRC”, la règle n°3 édictée par la World Speed Sailing Record Crossing (WSSRC) définissait la profondeur minimale de l’eau à 20 cm pour homologuer un record de vitesse à la voile.
Aujourd’hui, la WSSRC vient de revenir sur sa décision en l’amendant et en rétablissant à 10 cm la profondeur minimum pour établir les records de vitesse à la voile.
Le kitesurf retrouve désormais toutes ses chances de battre un nouveau record du monde de vitesse au prochain LUDERITZ Speed chalange qui se déroulera en septembre 2008.
Le kite n’est pas (encore ?) une discipline Olympique, mais cela fait plus de vingt ans que le windsurf (en configuration « race ») fait partie des sports en compétition. Alors que faut-il savoir sur cette discipline avant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin ?
Tout d’abord, il faut garder en tête qu’aux JO, tout est fait pour que le seul paramètre de la victoire soit celui de l’humain. Ainsi, à Pékin comme depuis toujours aux JO Windsurf, seul l’athlète compte. Chaque compétiteur sera donc équipé du même matériel de série. L’heureux élu pour 2008 :
la RS:X de Neil Pryde, 2,86m de long et 66 cm d’aileron.
35 hommes et 28 femmes ont été sélectionnés pour effectuer ensemble les parcours de
Qingdao, entre le 11 et le 18 août, avec deux manches par jour pour une série de 10 manches. Il faudra suivre nos deux compatriotes :
Faustine Merret (Championne Olympique en titre aux JO d’Athènes) et Julien Bontemps (Vice Champion d’Europe). Et bien sûr chez les garçons l’excellent Tom Ashley (NZ), favori de l’épreuve.
Cette barrière mythique est sur le point d’être dépassée ! Et deux disciplines se tirent une bourre incroyable pour l’atteindre depuis près de 2 ans : le windsurf et le kite. En effet, avec 47,92 nœuds pour le kite et 49,09 nœuds pour le windsurf, l’Hydroptère (le trimaran sur foil d’Alain Thébault) a toutes les peines du monde à rester dans la course. Et by the way, ”cocorico !” : les deux détenteurs de ces records sont français : Antoine Albeau pour la planche, Alexandre Caizergues pour le kite.
Ce magnifique combat bat son plein, chacun sur son terrain. Pour la planche, il s’agit du canal des Saintes Maries, étroit cours d’eau très plat, régulièrement balayé par plus de 50 nœuds de vent où seul un planchiste peut se risquer : Antoine Albeau a fait parler toute sa classe et son expérience il y quelques mois en anéantissant le précédent record mondial de vitesse en windsurf avec ses 49,09 noeuds. Mais ce canal est impraticable pour un kiter : un kiter qui prendrait le canal pleine bourre a une probabilité quasi certaine de finir écrasé contre les bords en pierre du chenal ou dans un des arbres avoisinants. En effet, le kite nécessite, non pas un étroit canal, mais une large étendue peu profonde. En kite, les records se font sur les spots secrets de la Camargue natale d’Alex ou sur des spots comme celui de Lüderitz en Namibie où est tombé le record officiel. La particularité des spots de vitesse en kite - outre le vent - est la faible profondeur : la force du kitesurf est de pouvoir naviguer sur un plan d’eau dont la profondeur est inférieure à 20 cm. Or, moins la profondeur est importante, moins les vagues peuvent se former, plus le terrain de jeu est plat et favorable à la vitesse !
Depuis quelques jours, le rapport de force de ce combat a complètement changé de physionomie, puisque la très conservatrice WSSRC vient de changer les règles en plein milieu de la partie : pour être homologué, le record doit désormais être réalisé dans plus de 50 cm d’eau. Dans ces conditions, adieu tous les spots de vitesse actuels pour le kite, il faut reprendre les recherches de spot à zéro pour Alex Caizairgues et ses challengers… Résultat : la planche redevient la seule discipline de voile compétitive pour le record mondial.
Comment expliquer cette décision ? Dans le petit monde de la voile, le kite n’a pas encore trouvé un statut à proprement parler. Encore perçu comme un loisir de plage, proche du cerf volant, le kite n’est pas encore pris au sérieux parmi les sports nautiques. Son arrivée fracassante dans le monde de la vitesse déclenche donc des réflexes pavloviens de protection… Ainsi, par jalousie, peut-être pour préserver certains intérêts industriels, et dans tous les cas par un conservatisme consternant, la WSSRC a décidéde disqualifier le kite de tout record potentiel avant de nombreux mois… C’est bien triste, et c’est malheureusement le sort fréquent des nouvelles disciplines.
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