Dix questions à … Fabienne d’Ortoli, une fille qui touche à tout. April 15th, 2009 | Catégories : Article, Dossier spécial femmes, Interviews, Matos, Riders, Vitesse, kitesurf

“J’aime les débuts, c’est grisant, intéressant, motivant ! ” Toujours dans le cadre de nos rencontres avec ces femmes qui font vivre le Kite, c’est aujourd’hui Fabienne d’Ortoli qui, du haut de son impressionnant palmarès (double championne du monde KPWT freestyle, 2 fois vice-championne du monde KPWT et championne de France longue distance), nous répond. La parole à une championne d’exception :
1/ Bonjour, peux-tu nous faire une brève présentation de ton parcours sur la scène Kite ? J’ai commencé le Kitesurf dans l’autre siècle, en 1999 !!! Je faisais du surf, mais pas de planche à voile, et j’entreprenais mes études en STAPS, spécialisation natation. A priori, je n’étais pas faite pour les airs !!! Et pourtant, le Kitesurf m’a plus que séduite, il s’agissait d’un nouveau sport, et donc d’une aventure, et les sensations étaient géniales ! Seule discipline à l’époque, le Freestyle ! J’ai donc fais des compet’, gagné les KPWT 2001 et 2002, puis j’ai terminé deuxième en 2003 et 2004. Je commençais alors à me lasser du freestyle, du format en compet’, et le style ne me convenait plus. J’ai donc essayé le speed, car je voyais qu’ils passaient beaucoup de temps sur l’eau, et encore une fois ce sport en était à ses débuts ! J’ai donc fait du speed deux années, et parallèlement, de la longue distance, qui faisait son petit bonhomme de chemin, avec le Grand Prix Petit Navire en tant que pionnier de cette discipline. À côté de ça, le surf restait ma passion première, j’ai donc également suivi le Wave Master de façon naturelle. Je me suis donc vraiment mise à la longue distance, se tirer la bourre tous ensemble sur l’eau, c’était plutôt grisant ! Et une nouvelle fois, la discipline était en plein essor ! En quelques années, on est passé de quelques pratiquants à une soixantaine lors des compétitions du championnat de France ! Le circuit est bien en place, avec des épreuves encore différentes sur le PKRA, qu’on appelle des races, ou avec beaucoup de remontées au vent ! J’ai donc suivi le PKRA Race (3ème en 2008), et remporté plusieurs fois le championnat de France. Vous l’aurez compris, j’aime les débuts, c’est grisant, intéressant, motivant ! Voilà pour le côté compet’ !! Sinon, ce qui me plaît le plus, ce sont les trips pour découvrir, apprendre… Les voyages ont toujours fait partie de ma vie. L’île de Pâques, le Chili, la Tasmanie, Rodrigues, la Norvège font partie de ces destinations qui m’ont marquée à vie ! Sans parler d’autres destinations comme la Nouvelle-Calédonie, Hawaï, le Brésil, les Antilles, les Canaries, les spots de France… Les vagues et le voyage restent donc mes principales passions.
2/ Peux-tu nous présenter ton spot quotidien ? Depuis 2 ans environ, je m’investis de plus en plus dans l’organisation du Grand Prix Petit Navire, ce qui m’occupe une bonne partie de l’hiver, et me laisse aussi le temps d’aller naviguer, surfer dès que les conditions sont bonnes. Je suis donc plus souvent en Bretagne qu’avant, ce qui n’est pas pour me déplaire, au contraire ! Mon spot quotidien varie en fonction de la direction du vent et de la houle, puisque je recherche essentiellement les vagues. La baie d’Audierne est un beau terrain de jeu pour cela !
3/ Quel est le spot qui t’a le plus fascinée ?
Le Chili, ce pays tout en longueur, l’océan Pacifique d’un côté, la Cordillère des Andes à 200 km à peine de l’autre, ce pays ne peut que vous prendre aux tripes. De plus, les vagues sont puissantes, l’eau est froide, le vent assez fort, il y a un niveau de surf et de windsurf très élevé, des gens passionnés, un pays encore très nature, simple, grandiose, riche en émotions. Le surnom de Terre de Feu n’est pas une légende, et je n’ai vu qu’un centième du pays. Aller du côté d’Ushuaïa, par exemple, fait partie de mes rêves, tout comme aller explorer le Pérou, l’Argentine… L’île de Pâques, bien entendu, même si l’on ne peut pas vraiment parler de spot, mais c’est tellement inimaginable de naviguer ou surfer derrière les Moaïs… c’est indescriptible… Et enfin, Hawaï bien sûr, car tous les jours, on peut être sur l’eau en maillot de bain… c’est un rêve permanent…Tous les jours, tu peux surfer, naviguer, en vagues, sur du plat, c’est un vrai terrain de jeu.
4/ Ton meilleur trip ? L’île de Pâques. Que dire de plus ?… !! Marquée à vie !
5/ Après un palmarès déjà bien rempli, quelles sont tes motivations et ambitions pour la saison à venir ? Tant de choses sont encore à faire !!! Le surf encore et toujours, puisque chaque session est unique, utiliser divers supports pour varier les disciplines : race, longue distance, surf. Autrement, du côté sportif, j’aimerais faire une place sur le podium PKRA race et finir première au championnat de France !
6/ Pas trop impatiente de commencer ta saison au championnat de France Speed Crossing à Arcachon du 23 au 26 avril prochain ? Généralement, le Mondial du Vent s’avère être la première épreuve de l’année, la “rentrée” ! Cette année, pour des raisons matérielles, je n’y suis pas allée, Arcachon sera donc ma première !! Donc, impatiente de voir les évolutions, de se mesurer aux autres et de retrouver tout le monde.
7/ Que penses-tu des autres kiters ? Quels sont tes principales adversaires ? Caroline Adrien, Steph Bridge et Gina Esteva sont mes adversaires ! Je vais sûrement en découvrir de nouvelles cette année ! L’entente est plutôt bonne, on se tire la bourre sur l’eau, mais une fois à terre, on fait la fête !
8/ Un petit mot sur le Grand Prix Petit Navire, que tu supervises ? C’est un évènement qui a grandi au fil des années ; le Kite s’est greffé sur cet évènement en 2002 (si mes souvenirs sont bons), histoire de faire quelque chose avec les quelques riders que nous étions, environ cinq ! La bonne humeur, le sport, la bonne organisation, l’éclate sont les maîtres mots de cet évènement. Du coup, progressivement, c’est devenu une étape du championnat de France, puis une étape incontournable !! On est passé de 5 à 100 riders en l’espace de 7 ans ! La discipline de speed crossing est donc née à Douarnenez lors du Grand Prix Petit Navire, grâce à Ronan Jollé ! On pourrait résumer ça comme ça !
9/ Un petit mot sur la place des femmes dans le Kite ? Elles y ont leur place, comme dans tout sport ! Après, il faut savoir utiliser ses atouts, et savoir ce que l’on veut. Nous sommes malgré tout assez bien représentées ; on pourrait faire mieux, mais ça pourrait être pire.
10/ Pour finir, un petit mot à la communauté KiteSquad ? Longue vie ! Amusez vous tant que vous pouvez, tout en protégeant Dame Nature… Protéger les dunes, se baisser pour ramasser un déchet sous notre pied, comme on le ferait chez soi, et tout ça !! Bon vent, bon Kite ! (crédit Photo : Bruno André)













Crédits photos: Bruno ANDRE
Et merci pour cet interview! Longue vie à Kitesquad!!
Fabienne
Crédits photos: Bruno ANDRE
Merci pour cet interview! Longue vie à Kitesquad!
Fabienne
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