Anne Quéméré secourue.

December 12th, 2008 | Catégories : kitesurf
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photo quemere cargoAprès avoir pris la difficile décision d’arrêter sa traversée du pacifique grâce à une aile de kite, Anne Quéméré a été récupéré cette nuit par un porte-conteneur. C’est le CROSS (Centre régional des opérations de secours et de sauvetages) du cap Gris-Nez qui a dirigé les opérations. Le gigantesque cargo est venu se mettre à couple du petit Oceankite de 5,5 mètres. Les conditions sur place n’ont pas permis de gruter l’embarcation, qui est donc resté sur place.

La navigatrice qui rejoindra Panama le 13 décembre, revient sur les raisons de son abandon.

L’épreuve du Pot au Noir

“Le pot au noir a décidé de ne pas me laisser passer, et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé… Je me suis bien souvent comparée à Don Quichotte se battant contre ses moulins et les quelques maigres milles nautique dûment gagnés à la sueur de mon front chaque jour étaient systématiquement reperdus durant la nuit. Et comme si cela n’avait pas suffit, mes panneaux solaires ont rendu l’âme il y a deux jours de cela, me privant de toute électronique à bord. Bref, j’ai attendu 48 heures avant de prendre la décision de ne pas m’acharner inutilement, la suite du voyage me paraissant de plus en plus compromise à chaque heure qui passait.”

Appel à l’aide
“Je suis entrée en contact avec le chef de quart des opérations du Cap Gris Nez qui avec l’aide de l’équipe de surveillance d’Honolulu ont localise un cargo faisant route sur Panama et a accepte de venir a ma rencontre.
Je ne les remercierai jamais assez de leur efficacité, de leur rapidité de réaction mais également de l’extrême gentillesse dont ils ont fait preuve dans ces moments qui pour moi n’étaient pas des plus simples a gérer. N’ayant plus accès a mon équipement électronique, cela rendait la tache d’autant moins aisée.”

Manoeuvres de récupération
“A 1H00 du matin (Heure française) le cargo MAERSK MYTILINI  est arrive sur site, et l’opération de récupération s’est passée sans heurt ni difficulté apparente, le capitaine du bord gérant son navire de 300 mètres comme s’il s’était agit d’un simple bateau de la taille du mien.
Les membres de l’équipage ont fait eux aussi preuve d’une belle solidarité, et après 35 jours de solitude en mer, je me retrouve tout à coup entouré de 26 marins qui ne savent pas quoi faire pour m’être agréable… La transition est pour le moins étonnante.”

“Les émotions affluent”

“Ce soir, je me retrouve dans le poste de pilotage, surplombant la mer et les émotions affluent que j’ai encore un peu de mal a digérer. Le challenge a pris fin, j’ai eu quelques heures pour m’y préparer, mais combien de temps me faudra-t-il pour l’accepter ? Je ne verrai pas les îles de la Polynésie Française se détacher sur l’horizon comme je me l’étais imaginé maintes et maintes fois. Je ne savourerai pas le goût de la victoire, mais je sais déjà que cette expérience, et les quelques 2 000 milles parcourus (3 500 km) depuis San Francisco m’ont apporté de nouveaux enseignements, et de fabuleuses images que je garderai longtemps en mémoire. Cette première fois sur une telle route m’a appris que les ailes de traction ont encore un long chemin à faire avant de ne pouvoir être utilisées sur toutes les routes maritimes. Ce n’est très certainement pas demain que nous verrons fleurir sur les cargos ou les bateaux de pêche, leur utilisation restant trop aléatoire, a fortiori dans les zones de calme. Nous faisons maintenant cap sur Panama, à destination qui n’était pas prévue au programme, mais n’est-ce pas cela aussi l’aventure?”

Crédit : rivacom.fr

Bon vent et bon kite

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